Avant le déplacement du FC Lorient à Angers, Lamine M’Baye, entraîneur adjoint des Merlus, revient sur son parcours, sa relation avec Alexandre Dujeux, son rôle au sein du staff et le début de saison lorientais. Un retour particulier pour celui qui a passé plusieurs années au SCO.
Peux-tu revenir sur ton parcours, avant ton arrivée au FC Lorient cet été, aussi bien comme joueur que comme entraîneur ?
J’ai été formé à Lyon, avant de rejoindre Grenoble, où j’ai évolué jusqu’au niveau professionnel. J’ai ensuite quitté le GF38 pour retrouver le monde amateur, en National puis en National 2. J’y ai passé une bonne quinzaine d’années, en évoluant notamment à Toulon, à Romorantin, puis à Moulins-Yzeure. C’est au cours de cette période que j’ai commencé à me former au métier d’entraîneur. Lorsque j’ai passé la trentaine, j’ai entamé les premières formations. J’ai obtenu mon brevet d’État à Romorantin, puis mon DES à Moulins-Yzeure. Je continuais à jouer tout en entraînant les jeunes à côté. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me projeter sérieusement dans l’après-carrière et à envisager le métier d’entraîneur.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de passer ces premiers diplômes ? Une rencontre, l’envie de transmettre ?
À Grenoble, le club avait pour habitude de désigner des joueurs comme parrains d’équipes de jeunes. J’étais responsable du suivi d’une équipe de l’école de foot. Nous avions différentes missions auprès des enfants : nous les accompagnions certains mercredis après-midi ou lors des plateaux du samedi, lorsque nous étions disponibles. C’est comme ça que tout a commencé. Le club nous proposait également des formations, et j’ai passé mes premiers diplômes à cette époque. Ça m’a plu. J’ai ensuite mis cette démarche de côté, car j’avais des obligations en tant que joueur et certains clubs ne me permettaient pas de me former. Mais, passé la trentaine, j’ai commencé à m’y consacrer plus sérieusement. J’ai passé mon diplôme d’animateur senior, puis mon brevet d’État et, en fin de carrière, mon DES. Lorsque j’ai obtenu ce dernier diplôme, il me restait encore deux ans de contrat. J’ai poursuivi une saison supplémentaire, puis j’ai arrêté de jouer pour me consacrer pleinement au coaching.
Quelle a été ta première expérience comme entraîneur ?
J’ai entraîné dans plusieurs clubs, car, pendant les formations, nous avions l’obligation d’encadrer une équipe. J’ai notamment été entraîneur des U19 à Romorantin, puis des U16, U17 et U18 à Yzeure. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai poursuivi une saison supplémentaire avant d’intégrer Angers, où j’ai pris en charge les U19.
Quand tu arrives à Angers, Alexandre Dujeux n’est pas encore au club ?
Non, il n’était pas encore là à mon arrivée. Stéphane Moulin était toujours entraîneur de l’équipe première. Alexandre est arrivé lors de ma deuxième année, comme adjoint de Gérald Baticle. Nous avons commencé à nous croiser et à échanger, aussi bien avec lui qu’avec les autres membres du staff. La troisième année, il est devenu entraîneur principal. Notre relation s’est construite progressivement.

Comment expliques-tu que cette relation professionnelle ait pris une telle ampleur au fil des saisons ?
Nous avons passé cinq ans ensemble au club, dont trois à véritablement travailler en collaboration. Lorsque j’entraînais la réserve, nous avions des échanges quotidiens. Cela nous a permis d’apprendre à nous connaître, de comprendre nos méthodes de travail respectives et de construire une relation de confiance. Quand Alexandre a pris ses fonctions, j’étais encore entraîneur des U19 et je suivais une formation de formateur. Lorsqu’il a assuré l’intérim, il m’avait déjà proposé de le rejoindre, mais j’avais dû décliner à contrecœur, car je m’étais engagé auprès du centre de formation. Nous avions de bons résultats avec les jeunes et nous voulions aller au bout de notre travail, notamment avec les play-offs. Nous nous étions alors dit que nous aurions peut-être une autre occasion de travailler ensemble. Elle s’est présentée deux ans plus tard, et c’était le bon moment pour lui comme pour moi. Entre-temps, en tant qu’entraîneur de la réserve, j’avais continué à échanger quotidiennement avec lui. Il connaissait ma façon de travailler, notamment à travers les passerelles entre les équipes professionnelles et la réserve, que ce soit avec les joueurs pros qui redescendaient ou les jeunes que je pouvais proposer au groupe professionnel.
Comment expliques-tu que la collaboration ait aussi bien fonctionné avec l’ensemble du staff ?
Je pense que nous avions la même vision du football, notamment concernant l’accompagnement des jeunes. Alexandre a énormément œuvré dans ce domaine, car tous les clubs ne disposent pas d’un entraîneur qui fait autant confiance aux jeunes joueurs. J’étais forcément satisfait de cette approche, puisqu’elle valorisait aussi le travail du centre de formation. Il y avait une véritable relation de confiance. De mon côté, je savais qu’il ne fallait pas envoyer un jeune chez les professionnels s’il n’était pas prêt. Mais lorsque je considérais qu’un joueur pouvait franchir ce cap, Alexandre, Romain (Hequet) et les autres membres du staff étaient à l’écoute. Cette confiance permettait de mettre en valeur le travail que nous réalisions au centre de formation, mais aussi celui du club dans son ensemble.
Devenir entraîneur adjoint d’une équipe professionnelle était-il un objectif de longue date ?
Pas au départ. Lorsque j’ai passé mes diplômes, je me projetais davantage dans le domaine de la formation, avec l’envie de continuer à travailler au centre, auprès des U19 ou de la réserve. C’est avant tout une opportunité qui s’est présentée. Et je savais avec qui j’allais travailler. Cela a forcément facilité ma décision.
Au FC Lorient, comment se définit ton rôle au sein du staff, aux côtés du coach, de Romain et de Jérémy Morel ?
À Angers, nous avions défini un fonctionnement qui me permettait d’être très proche de la conception des séances et de la méthodologie de travail, notamment dans la manière de les animer. Je recueillais également des informations concernant la stratégie que nous souhaitions mettre en place. Nous échangions beaucoup avec Romain et Félix, qui était alors analyste vidéo au SCO, ainsi qu’avec Alexandre, pour répondre à ses attentes et aux besoins liés à son projet de jeu. L’objectif était de construire un projet de jeu et une méthodologie d’entraînement cohérents avec ses idées. C’était principalement autour de ces aspects que s’articulait mon rôle.

Ce week-end, vous retrouvez Angers. Quel sentiment prédomine pour toi, après toutes ces années passées au club ?
Je suis content, parce que j’en garde de très bons souvenirs. Ce retour me rappelle les années que j’y ai passées et toutes les étapes que j’ai pu franchir depuis mon arrivée au SCO. Je suis aussi très heureux de retrouver les amis que nous avons laissés là-bas cet été. Ma famille est également toujours à Angers. J’y ai donc conservé de nombreux liens et je n’en garde que de bons souvenirs.
Ce déplacement a-t-il une saveur particulière ?
Oui, forcément. C’est toujours particulier de revenir dans un club où l’on a vécu autant de choses, aussi bien sur le plan professionnel que personnel.
Comment analyses-tu le début de saison du FC Lorient, sur le plan comptable comme dans le contenu proposé ?
Notre premier objectif, en arrivant dans un nouvel environnement, était de prendre la mesure du club et de son fonctionnement. Il fallait nous familiariser avec les processus, les habitudes de chacun et apprendre à connaître un groupe qui s’est constitué assez tardivement. Nous avons connu un début de saison un peu timide, que j’explique en partie par ces différentes périodes d’adaptation, aussi bien pour le staff que pour les joueurs. Lorsqu’on met en place une nouvelle façon de travailler, il faut du temps pour que chacun assimile les principes et que les choses se mettent en place. Depuis un mois, nous commençons à voir les fruits du travail accompli. Le groupe répond très bien à ce que nous lui demandons. C’est un groupe agréable, travailleur et à l’écoute. Nous commençons donc à voir les résultats de ce travail, et nous espérons que cette dynamique va se poursuivre. L’objectif est de continuer à progresser pour être encore plus forts et meilleurs de jour en jour, puis de mois en mois.
