Maxime, quel bilan tires-tu de ces sept premières rencontres de championnat ?
Tout dépend du regard que l’on porte sur les choses. Si l’on se réfère uniquement au classement, le bilan pourrait être meilleur. En revanche, si l’on s’intéresse la progression de nos joueurs et de nos équipes, qui est au cœur de nos préoccupations, à nous, le staff, la tendance est plutôt positive.
Quels sont, à tes yeux, les principaux axes de progression de ton groupe ?
J’en vois plusieurs, mais j’en retiendrais trois. Tout d’abord, nous avons rencontré des difficultés lors de nos premiers matchs face à l’impact athlétique de nos adversaires. Depuis quelques semaines, nous commençons a trouver des solutions face a ce genre de problématiques. Ensuite, nous progressons dans notre volonté de devenir une équipe plus connectée défensivement. Enfin, il y a notre utilisation du ballon. Notre capacité à le conserver et à contrôler le match s’améliore de jour en jour. Le plus positif, c’est que les garçons sont lucides et conscients des progrès qu’ils peuvent encore accomplir, notamment dans les connexions entre eux et les relations de jeu.
En tant qu’entraîneur des U17 Nationaux, quels sont tes objectifs pour cette saison ?
Encore une fois, tout dépend du regard que l’on porte sur les choses et des objectifs que l’on se fixe. L’objectif prioritaire est un objectif de progression, progression qui peut être collective comme individuelle. En parallèle, nous avons la volonté d’amener les garçons les plus avancés à évoluer, dès que possible, dans une équipe de la catégorie supérieure. Nos effectifs sont volontairement assez restreints et, depuis le début de la saison, nous comptons en moyenne quatre à cinq joueurs U16 dans le groupe chaque week-end. De leur côté, les joueurs ont également défini leurs propres objectifs sportifs.
Et concernant leur développement individuel, quels objectifs poursuivez-vous ?
Nos joueurs se développent grâce à l’équipe, et l’équipe progresse grâce aux individualités. Comme je l’évoquais précédemment, notre objectif est d’amener le plus grand nombre de joueurs possible à évoluer dans une catégorie supérieure, puis, à moyen ou long terme, à intégrer le groupe d’entraînement de la réserve ou des professionnels. Nous tentons de leur proposer un environnement et un accompagnement qui puisse leur permettre de progresser, environnement qui associe l’exigence requise pour évoluer au haut niveau, avec la bienveillance et le plaisir, notions indissociables du développement des jeunes joueurs. Nous essayons donc d’intégrer ces dimensions à notre travail quotidien. Il ne faut pas l’oublier : le football reste un jeu.
Tu as été nommé à la tête de cet effectif cette saison. Comment appréhendes-tu cette responsabilité ?
Tout d’abord, je tiens à rappeler que je ne suis pas seul : nous formons une véritable équipe. J’ai la chance d’être très bien entouré. Mathias Jarno est en charge de la préparation athlétique, Youssouf El Hamdaoui s’occupe de nos gardiens et Corentin Hacquard nous a rejoints cette année en tant que stagiaire analyste vidéo. Plus largement, le staff du groupe Formation comprend également François Bourgeais, entraîneur des U16, Marama Vahirua, entraîneur des U19, et Didier Demeuré, qui entraîne également les U19 et est responsable de la section sportive. Pour répondre à la question, je considère ce poste comme une suite logique dans mon parcours de développement en tant qu’éducateur. J’en profite pour remercier toutes les personnes qui m’ont permis d’évoluer. J’aborde cette responsabilité avec beaucoup de respect et d’humilité,en prolongeant les travaux des personnes présentes avant moi dans ce rôle. Je mesure chaque jour le travail et l’exigence qu’implique une telle mission. J’ai également à cœur de représenter l’institution du FC Lorient, un club dont je me suis toujours senti proche, par ses idées, ses valeurs et sa proximité géographique. Enfin, quel bonheur d’être au quotidien au contact de ces garçons pleins de vie et d’énergie !
Qu’apprécies-tu particulièrement dans la méthodologie de travail du Centre de formation lorientais ?
Il faut d’abord souligner que cette méthodologie repose sur le travail de l’ensemble des staffs, qu’ils soient techniques, médicaux, scolaires ou administratifs. La contribution de Vincent Gesbert, responsable de la méthodologie, est également une ressource très précieuse pour nous. Ce qui me plaît particulièrement, c’est le caractère assez singulier de notre approche par rapport à celle d’autres centres de formation en France. J’en retiendrais deux aspects essentiels. Le premier concerne la responsabilisation du joueur. La construction de son autorité, sa capacité à prendre des décisions et à les assumer, sur le terrain comme en dehors, sont au cœur de notre projet. Ce sont des éléments auxquels nos jeunes doivent s’acculturer, et c’est un point non négociable. Le second, c’est l’utilisation de la vidéo, qui constitue un levier d’apprentissage extrêmement puissant. Elle nous permet de faire passer des messages, de construire cette autorité de nos joueurs, mais aussi d’illustrer et de verbaliser ce qui se fait au très haut niveau, afin de préparer au mieux nos garçons à ses exigences.
Depuis ton arrivée au club en 2024, qu’as-tu appris de cette expérience par rapport à tes précédentes aventures ?
Chaque expérience apporte son lot d’enseignements, positifs comme négatifs. Mon parcours, du CPB Bréquigny à l’AC Ajaccio avant mon arrivée à Lorient, m’a permis de progresser sur de nombreux aspects. Avec le recul, je retiendrais notamment l’ensemble des dispositifs mis en place autour du joueur. Qu’il s’agisse de la mise en pratique de nos trois piliers — coopération, intensité et adaptabilité —, des cycles de travail par poste que nous construisons et individualisons, des bilans d’après-match ou encore des revues de développement, tous ces outils nous permettent d’accompagner les joueurs de manière plus fine. J’ajouterais également l’importance que nous accordons à la qualité de présence, aussi bien lors des séances sur le terrain que pendant les séquences vidéo. Enfin, au-delà de tous ces dispositifs, je placerais la volonté commune de l’ensemble de la structure de progresser chaque jour, que ce soit pour devenir une meilleure personne, un meilleur joueur ou un meilleur membre du staff.
Comment travailles-tu avec les éducateurs des U16 et des U19 pour composer ton groupe le week-end ? Voire même avec la section sportive ?
Le groupe Formation se situe au carrefour de plusieurs entités : au-dessus, le groupe Réserve ; en dessous, la préformation ; à droite, la scolarité ; et à gauche, la section sportive. François, Marama et Didier font pleinement partie du staff du groupe Formation. Nous travaillons ensemble chaque matin lors des séances et ils interviennent également l’après-midi pour encadrer les entraînements de la section sportive, aux côtés de Maxime Barthelmé et de Rémy Zig, qui en sont les éducateurs. La collaboration est donc quotidienne. Les échanges, la communication et le suivi du parcours de chaque joueur sont essentiels, avec un double objectif : Proposer le parcours (entrainement et compétition) le plus approprié a chaque joueur en fonction de son histoire et accompagner le développement de ces garçons sur les prochains mois. C’est un travail qui nous anime chaque jour.
Le passage de la préformation à la formation constitue-t-il une étape importante dans le parcours des jeunes joueurs ?
C’est effectivement un moment important, comme il en existe beaucoup d’autres dans le parcours de formation de ces jeunes adolescents. Ce qui compte pour nous, c’est avant tout qu’ils évoluent dans le meilleur environnement possible pour se développer et s’exprimer, aussi bien sur le terrain qu’en dehors.
Vous recevez le Stade Briochin ce week-end, actuellement deuxième de votre groupe. Quel regard portes-tu sur cette équipe ?
Je n’ai pas d’avis particulier sur cette formation, car je ne connais pas directement cet adversaire. En revanche, les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec sa deuxième place, le Stade Briochin réalise un très bon début de saison. L’équipe est invaincue, avec cinq victoires et deux matchs nuls. Nous aborderons cette rencontre avec beaucoup d’humilité, mais aussi avec l’ambition de réaliser de belles choses. Les garçons sont impatients de jouer. Nous sommes très heureux de pouvoir disputer ce beau rendez-vous à domicile, à ce stade de la saison. D’autant que notre équipe réserve recevra ensuite l’US Saint-Malo, à 17 heures, à Kerlir. Une belle journée de football en perspective !
