Srdjan Kuzmic, le nouveau latéral des Merlus, a été présenté aux médias la semaine passée à l’Espace FCL. Entretien.
Que doivent savoir les supporters du FC Lorient sur vous ?
J’ai 22 ans et je suis originaire de Slovénie. La saison dernière, j’évoluais à Viborg, au Danemark. Je suis un joueur assez rapide et agressif, capable d’évoluer aussi bien à gauche qu’à droite. J’aime récupérer des ballons et apporter offensivement. Ma priorité reste évidemment de bien défendre, mais j’apprécie aussi participer au jeu et aider l’équipe dans le secteur offensif.
Vous pouvez évoluer à plusieurs postes en défense. Où vous sentez-vous le mieux ?
Je préfère jouer sur les côtés. Quand j’étais plus jeune, j’évoluais défenseur central, mais je suis un peu petit pour ce poste. On m’a donc déplacé sur les côtés. Je peux toujours jouer dans l’axe si nécessaire, mais je me sens vraiment mieux comme latéral. J’ai d’ailleurs toujours été assez polyvalent. À Mura, en Slovénie, je jouais déjà à gauche comme à droite. À Viborg, j’ai commencé par évoluer principalement à droite avant de passer à gauche. C’est un poste qui me convient bien, notamment parce que je suis à l’aise avec mon pied gauche et que je peux rentrer à l’intérieur. C’est aussi ce que j’aime dans ce rôle : je peux recevoir le ballon à l’intérieur, participer au jeu et éventuellement renverser vers la droite. Avec mon pied gauche, je peux aussi bien attaquer l’extérieur que rentrer dans l’axe. Je pense que cela rend mon jeu assez difficile à lire pour les adversaires.
Cette polyvalence est donc un véritable atout ?
Oui, je le pense. Si un joueur est blessé ou ne peut pas jouer, je peux évoluer à droite comme à gauche. Pour moi, ce n’est pas un problème. J’aime aussi me projeter et être décisif offensivement. La saison dernière, j’ai notamment marqué quatre buts en jouant arrière gauche, en partant sur le côté ou en rentrant dans la surface.
Vous êtes seulement le deuxième joueur slovène à évoluer dans un club professionnel français après Denis Petric. Le saviez-vous ?
Je connais Denis Petric, mais je ne savais pas que j’étais seulement le deuxième !
Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre le FC Lorient ?
Je pense que c’est une très belle opportunité pour moi. Lorient est un très bon club, dans un grand championnat, avec un bon environnement et une belle ville. Je pense que c’est une excellente étape pour ma carrière. Les premiers échanges ont commencé il y a quelques semaines. Le club avait regardé plusieurs de mes matches et j’ai notamment échangé avec le recruteur, qui m’a expliqué qu’il avait déjà vu beaucoup de mes rencontres. Le projet m’a plu, tout comme le club et le championnat. La Ligue 1 est un championnat difficile et exigeant, donc c’est un grand défi pour moi. J’avais envie de le relever. Je pense vraiment avoir pris une bonne décision.
Isak Jensen, votre ancien coéquipier à Viborg, vous a-t-il également rassuré au moment de faire votre choix ?
Oui. J’ai parlé avec Isak avant de venir et il m’a dit beaucoup de bonnes choses sur Lorient. Il n’était ici que depuis deux ou trois jours, mais c’est forcément plus facile lorsqu’on connaît déjà quelqu’un dans un nouveau club. Nous avons aussi joué ensemble à Viborg, à plusieurs reprises. Il aime jouer à gauche, comme moi, donc nous avons une bonne connexion. Si nous avons l’occasion d’évoluer ensemble ici, ce serait évidemment très bien.
Vous arrivez d’un club où le vestiaire était particulièrement international. Est-ce une expérience qui vous a aidé ?
Oui, beaucoup. À Viborg, tout le monde parlait anglais. Je me suis donc rapidement retrouvé dans un environnement très international. Il y avait aussi plusieurs Slovènes, ainsi qu’un Croate et un Monténégrin. Nous parlions tous plus ou moins la même langue et nous nous entendions très bien. J’avais également beaucoup d’amis slovènes avec qui je suis toujours en contact. Avec Isak, nous nous parlions déjà à Viborg, même si nous n’étions pas aussi proches. Maintenant, c’est différent puisque nous sommes ensemble tous les jours. C’est agréable d’avoir quelqu’un que l’on connaît lorsqu’on arrive dans un nouvel environnement.
Et le français, justement : avez-vous commencé à l’apprendre ?
Pas encore, mais je vais essayer ! Beaucoup de joueurs ne parlent pas anglais, donc il est important pour moi d’apprendre le français. Sur un terrain, la communication est essentielle. Il faut parfois réagir très vite et, lorsqu’on parle la même langue, tout devient plus simple. Je veux donc apprendre le français le plus rapidement possible pour pouvoir bien communiquer avec mes coéquipiers.
Vous avez commencé le football très jeune, à Borovnica. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?
J’ai commencé dans ma ville natale, à Borovnica, peut-être vers cinq ou six ans. Je jouais beaucoup dans la rue avec mes amis. Nous avions aussi un terrain où nous nous entraînions, mais je passais surtout beaucoup de temps dehors à jouer au football. En Slovénie, le football devient de plus en plus important. Nous avons aussi une forte culture basket, notamment grâce à Luka Doncic, mais nous avons également de très bons footballeurs comme Sesko, Oblak ou Bijol. Je pense que le football grandit chaque année et que de plus en plus de grands joueurs slovènes émergent.
Quels joueurs vous ont inspiré au fil des années ?
Quand j’étais plus jeune et que je jouais défenseur central, j’aimais beaucoup Carles Puyol. Maintenant que j’évolue comme latéral, je regarde davantage Cancelo et Nuno Mendes. Ce sont des joueurs dont je peux beaucoup apprendre. J’aime particulièrement Nuno Mendes parce qu’il est constamment tourné vers l’offensive. Je sais que la première mission d’un latéral reste de défendre, mais lorsqu’on joue piston, il faut aussi être beaucoup plus offensif. J’aime observer leurs mouvements, leurs déplacements, la façon dont ils se projettent, choisissent leurs passes ou encore prennent leur chance devant le but.
Comment se sont passés vos premiers jours à Lorient ?
Très bien. J’ai de bons coéquipiers qui m’ont beaucoup aidé et tout le monde m’a très bien accueilli. Je cherche encore une maison, mais ma copine est ici avec moi, donc c’est beaucoup plus facile. Quand on arrive dans un nouveau club, c’est toujours plus simple d’avoir quelqu’un à ses côtés, que ce soit sa famille, sa copine ou ses amis. Elle m’a beaucoup aidé dans cette nouvelle étape. Je suis donc très heureux d’être ici.
Et lorsque vous n’êtes pas sur les terrains, comment aimez-vous passer votre temps ?
J’aime beaucoup sortir et simplement marcher pour me détendre, notamment sur la plage avec ma copine. À Viborg, je jouais aussi beaucoup au padel avec mon ami slovène Zolotel. Je ne suis pas très bon, mais c’est sympa de faire quelque chose en dehors du football !
Vous avez déjà pu mesurer les exigences physiques de vos nouveaux entraînements. Qu’en pensez-vous ?
Je me sens bien. Quand je suis arrivé, j’ai trouvé les entraînements beaucoup plus intenses, notamment avec davantage de sprints. C’est plus difficile qu’au Danemark, mais je vais m’y habituer. Je ne m’inquiète pas pour ça.
Vous connaissez déjà le système à cinq défenseurs. Est-ce une configuration qui vous plaît ?
Oui, beaucoup. Quand on joue à cinq, je suis plus haut sur le terrain et je dois davantage participer aux phases offensives. J’aime ça et j’ai envie de continuer à améliorer mon jeu dans ce domaine. C’est donc un nouveau challenge pour moi, et j’aime les challenges. Je suis très heureux de jouer dans ce système et je pense que ce sera une bonne saison.
Après vos premiers entraînements, qu’avez-vous déjà pu découvrir de votre nouvelle équipe ?
Quand on arrive dans un nouveau club, tout est nouveau : le style de jeu, le coach, les coéquipiers… Je ne peux évidemment pas arriver au premier entraînement et tout connaître immédiatement. Chaque séance est donc une occasion d’apprendre. Je vais essayer de progresser et de comprendre les choses le plus rapidement possible. Mais au final, ça reste du football, donc je pense que tout va bien se passer.
L’Euro 2028 avec la Slovénie peut-il devenir un objectif ?
Oui, bien sûr. Ce serait magnifique de jouer un Euro avec la Slovénie. Pour tout footballeur, représenter son pays et participer à un grand tournoi est un rêve. Mais nous venons seulement de commencer et nous avons déjà quatre matches importants à disputer très prochainement. Il faut donc avancer étape par étape. Mon arrivée à Lorient peut évidemment m’aider à être davantage visible, puisque le club évolue dans l’un des cinq grands championnats européens. Mais cela dépend surtout de moi. Si je m’entraîne bien et que je joue bien, ce sera ensuite au sélectionneur de décider.
