31 Juil 2026 | Actualités

Romain Hequet : « Notre fonctionnement repose sur la complémentarité »

Romain, peux-tu revenir sur ton parcours avant ton arrivée au FC Lorient ?
J’ai commencé très jeune comme éducateur dans un club de la région parisienne, l’AS Brie (77), avant de revenir en Normandie, ma région d’origine, à Sotteville-lès-Rouen notamment. J’y ai occupé différentes fonctions : responsable technique, entraîneur de jeunes, puis adjoint de l’équipe première. Ces expériences m’ont permis de toucher à tous les aspects du métier et de construire des bases solides. Par la suite, j’ai rejoint l’US Quevilly, où j’ai poursuivi mon travail auprès des jeunes tout en découvrant le football senior grâce à Régis Brouard. C’est également à cette période que je me suis formé à l’analyse vidéo. À l’origine, je voyais cette compétence comme un complément à mon métier d’éducateur, mais elle m’a finalement ouvert les portes du football professionnel. J’ai ensuite intégré le staff de Claude Makélélé au SC Bastia, en Ligue 1, avant de poursuivre mon parcours au FC Sion, en Suisse, d’abord avec Didier Tholot puis Peter Zeidler. J’y ai vécu de très belles expériences, avec notamment un 16ème de finale d’Europa League. J’ai ensuite passé six saisons au Havre AC. D’abord analyste vidéo, j’ai progressivement rejoint le terrain aux côtés de Paul Le Guen et de son staff, avant de participer à la montée en Ligue 1 avec Luka Elsner. Enfin, j’ai rejoint Angers SCO, où j’ai d’abord cumulé les fonctions d’analyste vidéo et d’entraîneur adjoint avant de me consacrer pleinement à ce dernier rôle lors des deux saisons passées en Ligue 1.

Tu as connu plusieurs clubs et travaillé avec de nombreux entraîneurs. Qu’as-tu retenu de ces expériences ?
C’est sans doute la plus grande richesse de mon parcours. J’ai eu la chance d’exercer différents métiers : éducateur, responsable technique, analyste vidéo puis entraîneur adjoint. Chacune de ces expériences m’a apporté quelque chose. J’essaie toujours de retenir le meilleur des personnes avec lesquelles je travaille, tout en apprenant aussi des situations plus compliquées. Toutes ces rencontres m’ont fait progresser, aussi bien sur le plan technique qu’humain. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus complet grâce à ce parcours.

As-tu toujours eu l’ambition de devenir entraîneur adjoint au plus haut niveau ?
Lorsque j’ai commencé dans le football amateur, je n’imaginais pas un jour devenir entraîneur adjoint en Ligue 1. En revanche, j’ai toujours cherché à me former, à progresser et à saisir les opportunités qui se présentaient. Je suis fier du chemin parcouru. J’ai commencé avec très peu de moyens, sur les terrains amateurs, et aujourd’hui j’entame ma douzième saison consécutive dans le football professionnel. C’est une vraie satisfaction, mais aussi une motivation pour continuer à apprendre. Je poursuis d’ailleurs régulièrement mes formations, car on ne cesse jamais de progresser dans ce métier.


Ton parcours dans l’analyse vidéo influence-t-il encore ta manière de travailler aujourd’hui ?
Énormément. L’analyse vidéo m’a appris à observer le jeu différemment, à prendre du recul et à mieux transmettre les messages aux joueurs. À mes yeux, un analyste moderne est presque un entraîneur adjoint : il doit avoir une vraie culture football, être capable de travailler en autonomie et de faire gagner du temps au staff. Le jour du match, j’aime d’ailleurs prendre de la hauteur en tribune. Cela permet d’avoir une vision plus globale de la rencontre et d’échanger rapidement sur les ajustements à apporter. À deux (avec un des analystes vidéo du club), les décisions sont souvent plus rapides et plus pertinentes.

Quelle relation entretiens-tu avec Alexandre Dujeux ?
Nous sommes très proches. Nous ne nous connaissions pas avant mon arrivée à Angers, mais le courant est tout de suite passé. Dès notre premier échange téléphonique, nous avons partagé la même vision du travail. Alexandre est un entraîneur qui fait confiance à son staff et laisse chacun s’exprimer. Nous avons vécu ensemble des moments très forts, humainement comme sportivement : une montée en Ligue 1, deux maintiens, mais aussi des périodes plus difficiles qui ont renforcé notre relation. Aujourd’hui, nous nous comprenons parfois d’un simple regard.

Quel sera ton rôle au sein du staff lorientais ?
Notre fonctionnement repose avant tout sur la complémentarité. Il n’y a pas de hiérarchie entre les adjoints : chacun possède des missions bien définies. Je serai davantage impliqué sur l’animation offensive, tandis que Lamine apportera son expertise sur les aspects défensifs. Avec Jérémy Morel, nous formons un trio très complémentaire. Chacun apporte ses qualités, son expérience et son regard. Plus largement, nous souhaitons que tout le staff participe à la réflexion. Les analystes, l’entraîneur des gardiens ou les préparateurs physiques ont tous leur mot à dire. Plus nous partageons d’informations, plus nous prenons de bonnes décisions. C’est cette culture de l’échange qui fait notre force.


Comment décrirais-tu ton management auprès des joueurs ?
J’accorde une grande importance au dialogue. J’aime échanger avec les joueurs, les amener à réfléchir et leur permettre de s’exprimer librement. Pour moi, un entraîneur adjoint doit être accessible. Si un joueur ressent le besoin de discuter, de partager une difficulté ou simplement de poser une question, il doit pouvoir le faire naturellement. C’est dans cette confiance que l’on peut progresser collectivement.

Quelles ont été tes premières impressions en découvrant le FC Lorient ?
Le premier mot qui me vient est “identité”. C’est un club profondément ancré dans son territoire, avec une vraie culture. Le deuxième, c’est “développement”. De l’extérieur, on ressent un club qui cherche constamment à avancer : les infrastructures évoluent, le stade se transforme, les investissements sont là et la formation continue de produire des talents. Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est que cette volonté de grandir ne se fait jamais au détriment de l’identité du club. Lorient reste fidèle à ses valeurs et à son histoire. C’est un équilibre que je trouve particulièrement fort.

Le déplacement à Angers cette saison sera-t-il un rendez-vous particulier pour toi ?
Forcément. Angers, comme Le Havre, fait partie des clubs qui ont marqué mon parcours. Ce sera un plaisir de retrouver les personnes avec lesquelles j’ai travaillé. Mais une fois le match lancé, l’objectif sera simple : tout faire pour ramener une victoire du FC Lorient.

Partager sur : Facebook | X